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Kelaat M'Gouna · Vallée du Dadès

Ce que la vallée donne,
nous le transformons ici.

Sinaya est née d'une décision simple et longtemps impossible : garder la transformation au village. Distiller la rose là où elle pousse, cuire le savon là où on l'a toujours cuit, et vendre le flacon fini — pas la matière brute.

Eau de rose distillée par la coopérative Sinaya, à Kelaat M'Gouna

Trois semaines par an, la vallée devient rose.

Le reste de l'année, elle travaille. C'est dans ces onze mois-là, ceux que les cars de touristes ne voient pas, que se joue vraiment l'histoire de Sinaya.

Notre parcours

D'un savoir-faire de famille à un atelier

Chapitre I

La vallée, d'abord

Kelaat M'Gouna est une petite ville du sud-est marocain, posée dans la vallée du Dadès, entre le Haut Atlas et les portes du désert. Chaque printemps, les haies de rosiers de Damas qui bordent les parcelles se couvrent de fleurs, et l'air prend une odeur que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Ici, les recettes ne s'apprennent pas dans les livres : elles se transmettent d'une belle-mère à une belle-fille, d'une voisine à l'autre. L'eau de rose du printemps, le savon noir du hammam, l'aker fassi des joues, la nila du samedi, le khôl des jours de fête. Rien de tout cela n'a été inventé par nous.

Chapitre II

Le déclic : ne plus vendre la matière brute

Pendant longtemps, le schéma a été le même dans toute la vallée : on récolte, on vend au kilo à un intermédiaire, et la valeur se crée ailleurs — dans une usine, sous un autre nom, à un tout autre prix.

La coopérative Sinaya est née de la volonté d'un groupe de femmes de la région de renverser cet ordre-là. Non pas cueillir davantage, mais garder chez elles l'étape qui compte : la transformation. Distiller. Broyer. Cuire. Émulsionner. Mettre en pot. Étiqueter. Signer.

Chapitre III

Le premier atelier

Un alambic, des bidons, des étagères, une table. Les débuts d'un atelier de transformation ressemblent partout à la même chose : peu de matériel, beaucoup d'heures. Les premières productions sont celles que l'on maîtrisait déjà de mémoire — l'eau de rose distillée et le savon noir beldi.

Puis viennent les gestes qui s'apprennent : peser, doser, étiqueter, dater. Passer d'une préparation faite pour sa famille à une préparation faite pour une inconnue, à 700 kilomètres de là, qui n'aura que l'étiquette pour comprendre ce qu'elle achète.

Chapitre IV

Une gamme qui s'écrit produit par produit

Aucune des 174 références du catalogue n'a été décidée d'un coup. Chacune répond à une demande précise : une cliente qui cherche un shampooing sans silicone, une mariée qui veut du henné et du khôl préparés proprement, une maison d'hôtes qui commande des savons pour ses chambres.

Aujourd'hui, sept gammes sortent de l'atelier : soin du visage, cheveux, corps & bain, huiles & hydrolats, beauté traditionnelle, bien-être, et coffrets. Les recettes anciennes y côtoient des formes plus contemporaines — sérums, brumes, laits — parce que les deux se vendent, et que les deux font vivre la coopérative.

Chapitre V

Aujourd'hui : de l'atelier à votre porte

Il n'y a toujours pas d'intermédiaire. Vous commandez, nous préparons le colis à l'atelier, vous payez à la livraison. Entre la femme qui a rempli le flacon et vous, il n'y a personne d'autre — et c'est précisément ce qui permet à la fois des prix justes et une rémunération correcte du travail.

Ce site est la suite logique de la même décision qu'au premier jour : garder la dernière étape, celle de la vente, ici aussi.

En images · Nos ateliers

De la fleur au flacon

Entre la rose cueillie avant la chaleur et le flacon étiqueté qui part vers vous, il y a quatre étapes, une équipe et beaucoup de gestes précis. Les voici, telles qu'elles se déroulent chez nous.

On imagine souvent une coopérative rurale comme un atelier de fortune : trois bassines, une table et de la bonne volonté. La réalité de Sinaya est autre. Entre la parcelle de rosiers et le carton d'expédition, la production passe par une salle de formulation, une machine de remplissage et un magasin dédié — avec blouses, charlottes, gants et règles d'hygiène affichées au mur. C'est ce que nous avons construit, année après année, pour que des cosmétiques faits dans la vallée puissent être vendus partout, sans rien céder sur la sécurité du produit.

Une femme cueille des roses de Damas à la main dans une parcelle de la vallée
La cueillette se fait à la main, fleur par fleur, dans les haies de rosiers qui bordent les parcelles de la vallée. Elle commence tôt : passé le milieu de la matinée, la chaleur fait perdre à la fleur une partie de son parfum.

1. Le champ, avant la chaleur

La saison de la rose de Damas ne dure que quelques semaines, en avril et en mai. Pendant ces jours-là, tout le reste attend : la fleur ne se conserve pas, elle doit partir à la distillation dans la journée qui suit sa cueillette. C'est la seule matière de notre catalogue dont le calendrier nous impose son rythme, et non l'inverse.

Le reste de l'année, les autres matières prennent le relais — les plantes de l'Atlas séchées à l'ombre, l'argan des coopératives du Souss, les noyaux de datte des oasis du Draâ.

2. La salle de formulation

C'est la pièce où une recette devient un produit. Les matières premières y sont rangées dans des bocaux étiquetés — poudres, graines, argiles, extraits — et pesées à la balance de précision avant chaque préparation. Les émulsions sont montées au bécher, par petits lots, puis contrôlées avant d'être mises en flacon.

C'est aussi dans cette pièce que se décide l'étiquette : nom en arabe, nom en français ou en anglais, contenance. Une cliente à Casablanca, à Dakhla ou à l'étranger n'a que ce bout de papier pour savoir ce qu'elle a entre les mains — nous préférons qu'il soit lisible dans sa langue.

Préparation d'une émulsion au bécher dans la salle de formulation, devant des flacons Sinaya étiquetés et des bocaux de matières premières
La salle de formulation. Au premier plan, des produits finis de la gamme — huile visage hydratante, crème de jour, sérum — et les bocaux de matières premières qui ont servi à les composer.
Remplissage d'un tube de crème sur une machine à piston, en blouse, charlotte et gants
Le poste de remplissage. Les tubes et les flacons passent un à un sous la machine à piston ; la tenue complète et les consignes d'hygiène affichées au mur valent pour toute la pièce.

3. Le remplissage, un contenant à la fois

Nous ne produisons pas à la chaîne. Le remplissage se fait sur une machine semi-automatique : la doseuse assure la régularité du volume, mais c'est une main qui présente chaque tube, qui l'essuie et qui le bouche. À cette échelle, c'est la méthode la plus fiable — et celle qui permet de fabriquer 174 références différentes sans immobiliser une ligne entière pour chacune.

Vient ensuite l'étiquetage, puis la mise en carton, produit par produit.

4. Le magasin d'eau de rose

L'eau de rose distillée a sa propre pièce de stockage, ses étagères et ses cartons prêts au départ. C'est le produit qui dit le mieux ce qu'est la coopérative — une matière que la vallée produit depuis toujours, mise en bouteille sous notre nom, ici, plutôt que vendue en vrac à un intermédiaire.

Bouteille d'eau de rose Coopérative Sinaya dans le magasin de stockage, devant les étagères remplies
Le magasin

Sur le mur, l'écriteau en arabe indique simplement :

مخزن ماء ورد تعاونية سينايا

« Magasin d'eau de rose, coopérative Sinaya. »

Derrière, les étagères portent les bouteilles d'un litre et les flacons de la gamme ; devant, les cartons attendent l'expédition. C'est la dernière pièce que traverse un produit avant de partir chez vous.

Voilà ce qu'il y a derrière un flacon Sinaya : une saison, une salle de préparation, une équipe de femmes et aucun intermédiaire entre elles et vous. C'est ce qui explique nos prix — et ce à quoi sert votre commande.

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Nous ne vendons pas ce que la vallée produit. Nous vendons ce que nous en faisons.
Le principe de départ de la coopérative
Le rythme de la vallée

Une année à Kelaat M'Gouna

Nos matières premières ne sont pas disponibles toute l'année. L'atelier suit les saisons, pas l'inverse.

Avril – Mai

La rose

Trois semaines de cueillette, à la main, tôt le matin. C'est la période la plus courte et la plus intense de l'année : la fleur ne se garde pas, elle part à la distillation dans la journée.

Été

Les plantes & l'argan

Romarin, lavande et plantes de l'Atlas sont séchés à l'ombre. C'est aussi la saison où l'on s'approvisionne en huile d'argan auprès des coopératives du Souss.

Automne

Les oasis

Les dattes des palmeraies du Draâ arrivent ; leurs noyaux, broyés, deviennent l'une de nos poudres de gommage les plus demandées.

Hiver

Le hammam

La saison des peaux sèches et des samedis au hammam : savon noir beldi, ghassoul, beurres et laits corporels occupent l'atelier jusqu'au printemps.

Nos matières

D'où vient ce qu'il y a dans le flacon

Nous privilégions les circuits courts : la majorité de nos matières premières sont récoltées ou achetées dans un rayon de quelques centaines de kilomètres, souvent auprès d'autres coopératives.

Rose de DamasKelaat M'Gouna — sur place

Distillée en eau de rose et en hydrolat, séchée en boutons, infusée dans les huiles et les laits. C'est la matière qui a donné son nom à la vallée.

ArganSouss — 400 km

Pressé à froid par des coopératives de la région d'Agadir. Base de nos huiles, de nos sérums capillaires et de plusieurs crèmes.

Aker fassiFès — tradition citadine

Le rouge traditionnel marocain, mélange de coquelicot et de grenade, utilisé sur les joues et les lèvres depuis des générations.

NilaSahara

Le pigment bleu du désert, utilisé au hammam pour clarifier et adoucir la peau. On l'achète encore en blocs, comme au souk.

Noyau de datteOasis du Draâ

Récupéré, séché puis broyé : un gommage entièrement issu d'un déchet agricole local.

Chébé, gomme arabique, encensTchad & Sahel

Les matières de la route caravanière, arrivées jusqu'ici par le commerce transsaharien — et toujours utilisées pour les cheveux et les parfums d'intérieur.

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La suite de l'histoire

Elle s'écrit à chaque commande.

Un flacon acheté ici, c'est une heure de travail payée à Kelaat M'Gouna plutôt qu'un kilo de matière première vendu à perte. C'est aussi simple, et c'est tout l'enjeu.

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Les produits qui racontent la vallée